1938

Lettre à L. Estrine (7729). traduite du russe, avec la permission de la Houghton Library.

Source : Léon Trotsky, Œuvres 19, octobre 1938-décembre 1938. Institut Léon Trotsky, Paris 1985, pp. 219.

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Trotsky

Léon Trotsky

Œuvres

[Une affaire sérieuse]

2 décembre 1938

Chers Amis,

J’ai reçu les documents en russe et en allemand que vous m’avez envoyés et qui concernent l’importante affaire que vous savez [1]. Il est difficile, même en s’appuyant sur vos documents, de se faire une idée tant soit peu concrète. Il y a en tout cas pour moi deux conclusions à en tirer, avec plus ou moins de netteté. Premièrement, le camarade É[tienne] doit à mon avis s’adresser tout de suite à Sneev[liet] et à V[ictor] S[erge] en leur demandant de porter leurs accusations devant la commission compétente. Le camarade E[tienne] doit faire ce pas en accord avec le S.l. Plus vite il le fera, plus il se montrera ferme et résolu, mieux ce sera. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que Sneev[liet] s’occupe de l'autre affaire. La personne qui est concernée par l’enquête n’est pas membre de notre organisation et par conséquent nous n’avons aucune raison de garder toute cette affaire entre nos mains. Bien entendu, nous devons sans réserve prêter notre concours à la commission d’enquête, étant donné son sérieux et sa fermeté. Mais faire la lumière sur toutes les « accusations » portées par ces messieurs contre É[tienne] est politiquement beaucoup plus important. Il faut ici faire preuve d’initiative, agir avec la plus grande énergie, afin de mettre le plus vite possible les accusateurs au pied du mur [2].

P.-S. Ci-joint une note sur V[ictor] S[erge] pour le prochain numéro du Biulleten. Il y a longtemps que je voulais le faire.

Notes

1

Il s'agissait de la crise qui secouait le « groupe russe » de Paris et particulièrement des accusations portées par Victor Serge, allié à Sneevliet, contre Étienne qu’ils soupçonnaient fortement d'être au service du G.P.U.

2

Trotsky semble ne pas douter de la sincérité et du dévouement de Zborowski, que Naville au même moment, accusait formellement. Il est vrai qu'il était question de réunir une commission et que l’enquête n'était pas commencée ; elle ne fut jamais faite en réalité, car de simples filatures auraient confirmé les soupçons de Serge et Sneevliet et les accusations de Naville.